Benjamin Button à l'épreuve du temps et de l'ennui
Il était étrange que la nouvelle de Francis Scott Fitzgerald n’ait jamais été adaptée par Hollywood. C’est désormais chose faite avec le nouveau film de David Fincher, qui a choisi Brad Pitt pour incarner la destinée de Benjamin Button. L’œuvre fantastique de Fitzgerald profite-t-elle à cette cure de jouvence ?

David Fincher a fait le choix de déplacer le cadre spatio-temporel du récit, censé se dérouler à Baltimore entre 1860 et les années 1930 dans le livre. Le film débute en 1918 à La Nouvelle-Orléans et nous conduit jusqu’à l’ouragan Katrina qui a frappé la Louisiane à l’été 2006. Le concept n’a en revanche pas changé : Benjamin Button naît dans la peau fripée d’un vieillard et va progressivement rajeunir. Durant ses premières années, Benjamin est élevé par Queenie, sa nourrice noire. Le parallèle entre l’étrangeté de Benjamin qui provoque l’effroi de chacun et la communauté afro-américaine rejetée par les Blancs à l'époque de la ségrégation apporte au film un deuxième niveau de lecture centré sur les thèmes de la normalité et de la tolérance.
Benjamin apprend à marcher après quelques mois d'existence.
En 1930, Benjamin rencontre Daisy (Cate Blanchett), une petite fille rousse de six ans qui deviendra l’amour impossible de sa vie. Plus tard, il commence à travailler sur un bateau de pêche, propriété du Capitaine Mike. A cette époque, il rencontre pour la première fois un homme élégant et fortuné qui aime discuter avec lui, mais qui refuse de lui révéler son identité : il est Thomas Button, son propre père, qui, contrairement au roman, a choisi ici d’abandonner son fils difforme à la naissance.
Puis Benjamin part pour Moscou où il fait la connaissance d’Elizabeth Abbott (Tilda Swinton), une femme mariée et esseulée avec laquelle il aura une aventure avant d’être rattrapé par la Seconde Guerre Mondiale et de rejoindre l’US Navy. A son retour, il retrouve Daisy, désormais âgée de 21 ans et devenue danseuse étoile à New York. Leurs sentiments se croiseront pendant le reste de leur vie, marquée par la naissance de Caroline en 1968 et de nombreux autres malentendus. Benjamin, dont le corps est de plus en plus jeune, commence à décliner vers l’enfance et l’oubli de sa curieuse existence. Seuls les souvenirs que Daisy raconte à sa fille sortent du néant dans lequel s’est achevée la vie de Benjamin Button.
Brad Pitt et Cate Blanchett à l'heure où leurs courbes de vie commencent à s'éloigner.
Le choix de moderniser le cadre du film était judicieux, car l'intérêt principal de l’histoire est le phénomène inexplicable qui fait rajeunir Benjamin tout au long de sa vie. Le film est bien réalisé, quoique très classique dans la mise en scène. Les acteurs sont bons, mais la prouesse est surtout du côté du maquillage et des effets spéciaux, qui transforment les silhouettes et les visages de Brad Pitt et Cate Blanchett tout au long de leur vie. En revanche, la rapidité était un des points forts de la courte nouvelle de F. Scott Fitzgerald. Le film se révèle quant à lui trop lent. Il est également plus triste et contemplatif que le récit original, qui était par moments décalé et drôle. L’adaptation n’est donc pas parfaite.
Malgré une ambiance bien mise en valeur et la crédibilité des personnages quel que soit leur âge, L’Etrange Histoire de Benjamin Button n’est pas exempt de tous reproches : l’histoire mélancolique aurait pu être un peu plus joyeuse et le rythme aurait gagné à être plus dynamique. Cette adaptation permet néanmoins de mettre en lumière l’idée originale de la nouvelle de Fitzgerald.

David Fincher a fait le choix de déplacer le cadre spatio-temporel du récit, censé se dérouler à Baltimore entre 1860 et les années 1930 dans le livre. Le film débute en 1918 à La Nouvelle-Orléans et nous conduit jusqu’à l’ouragan Katrina qui a frappé la Louisiane à l’été 2006. Le concept n’a en revanche pas changé : Benjamin Button naît dans la peau fripée d’un vieillard et va progressivement rajeunir. Durant ses premières années, Benjamin est élevé par Queenie, sa nourrice noire. Le parallèle entre l’étrangeté de Benjamin qui provoque l’effroi de chacun et la communauté afro-américaine rejetée par les Blancs à l'époque de la ségrégation apporte au film un deuxième niveau de lecture centré sur les thèmes de la normalité et de la tolérance.
Benjamin apprend à marcher après quelques mois d'existence. En 1930, Benjamin rencontre Daisy (Cate Blanchett), une petite fille rousse de six ans qui deviendra l’amour impossible de sa vie. Plus tard, il commence à travailler sur un bateau de pêche, propriété du Capitaine Mike. A cette époque, il rencontre pour la première fois un homme élégant et fortuné qui aime discuter avec lui, mais qui refuse de lui révéler son identité : il est Thomas Button, son propre père, qui, contrairement au roman, a choisi ici d’abandonner son fils difforme à la naissance.
Puis Benjamin part pour Moscou où il fait la connaissance d’Elizabeth Abbott (Tilda Swinton), une femme mariée et esseulée avec laquelle il aura une aventure avant d’être rattrapé par la Seconde Guerre Mondiale et de rejoindre l’US Navy. A son retour, il retrouve Daisy, désormais âgée de 21 ans et devenue danseuse étoile à New York. Leurs sentiments se croiseront pendant le reste de leur vie, marquée par la naissance de Caroline en 1968 et de nombreux autres malentendus. Benjamin, dont le corps est de plus en plus jeune, commence à décliner vers l’enfance et l’oubli de sa curieuse existence. Seuls les souvenirs que Daisy raconte à sa fille sortent du néant dans lequel s’est achevée la vie de Benjamin Button.
Brad Pitt et Cate Blanchett à l'heure où leurs courbes de vie commencent à s'éloigner. Le choix de moderniser le cadre du film était judicieux, car l'intérêt principal de l’histoire est le phénomène inexplicable qui fait rajeunir Benjamin tout au long de sa vie. Le film est bien réalisé, quoique très classique dans la mise en scène. Les acteurs sont bons, mais la prouesse est surtout du côté du maquillage et des effets spéciaux, qui transforment les silhouettes et les visages de Brad Pitt et Cate Blanchett tout au long de leur vie. En revanche, la rapidité était un des points forts de la courte nouvelle de F. Scott Fitzgerald. Le film se révèle quant à lui trop lent. Il est également plus triste et contemplatif que le récit original, qui était par moments décalé et drôle. L’adaptation n’est donc pas parfaite.
Malgré une ambiance bien mise en valeur et la crédibilité des personnages quel que soit leur âge, L’Etrange Histoire de Benjamin Button n’est pas exempt de tous reproches : l’histoire mélancolique aurait pu être un peu plus joyeuse et le rythme aurait gagné à être plus dynamique. Cette adaptation permet néanmoins de mettre en lumière l’idée originale de la nouvelle de Fitzgerald.
Publicité