Prince of Persia : un songe éveillé

Publié le par Summer Ice

Très appréciée sur la génération de consoles précédente, la série des Prince of Persia prend une nouvelle impulsion avec ce premier volet sur PS3 et Xbox 360. C'est d'ailleurs le pack de la console de Microsoft et du jeu d'Ubisoft Montréal que j'ai acheté, et je ne le regrette pas ! Malgré quelques défauts, ce nouveau Prince of Persia est une expérience vidéoludique d'exception !


Les développeurs d'Ubisoft ont eu le courage louable de prendre des risques avec cette nouvelle aventure du Prince. Les joueurs peuvent les remercier. Le scénario est efficace, sans pour autant être extraordinaire. Le Prince, qui ressemble plus à un mercenaire sans manières en réalité, s'est égaré dans le désert avec son fameux âne. Au détour d'un canyon, il sauve une jeune femme de soldats qui la poursuivent. Il s'agit de la princesse Elika, la fille du Roi des Ahuras, les gardiens de l'Arbre de Vie. Ils servent Ormazd, le Dieu de la Lumière, qui a enfermé dans l'Arbre de Vie Ahriman, le Dieu des Ténèbres, lorsque ce dernier a menacé l'équilibre millénaire entre ombre et lumière en tentant de renverser Ormazd. Alors qu'il perdait son épouse, le Roi s'est détourné du pouvoir et le chagrin l'a guidé jusqu'à Ahriman. Elika n'a rien pu faire pour empêcher la Corruption émanant du Dieu des Ténèbres d'attaquer chaque vie et chaque lieu de son royaume. A mesure que son père est progressivement rongé par la Corruption, Elika, qui se découvre des aptitudes magiques, n'a qu'un espoir : purifier toutes les terres fertiles du royaume et récupérer suffisamment de pouvoirs avec l'aide du Prince pour aller défier Ahriman et restaurer la vie sur son territoire dévasté.

La Cité de Lumière est maintenant purifiée.

Cet univers inspiré des Mille et Une Nuits et de l'architecture orientale est incontestablement le point fort du jeu. Les graphistes ont adopté un style visuel absolument magnifique, surnommé "art illustratif" par ses créateurs. Il n'est pas rare dans cette aventure de s'arrêter sur une corniche et de contempler le décor en faisant des tours avec le stick analogique. En plus de la vaste pleine désertique qui abrite l'Arbre de Vie, le monde se divise en quatre zones. Chacune est composée d'un niveau d'accès au départ, puis de quatre terres fertiles, et enfin d'un lieu où se déroule le dernier affrontement avec le boss de la zone. En tout cela fait vingt niveaux et quatre zones de combat finales. La première zone est la Citadelle en ruine avec son moulin, avec une dominante rouge ocre, où il faudra affronter le Chasseur. Vient ensuite la Vallée, repaire de l'Alchimiste, avec des technologies et des ballons dirigeables qui se marient dans une atmosphère verte. Le troisième monde est mon préféré : il s'agit du Palais Royal et de ses jardins, hantés par la Concubine. L'architecture de ces tours orientales violacées flottant dans les nuages sous un énorme croissant de lune est somptueuse. Enfin, le joueur découvre les vestiges de la Cité de la Lumière, une zone urbaine abandonnée où ne réside plus que le redoutable Guerrier. Le seul regret est de ne croiser absolument personne sur sa route, hormis des guerrieurs d'Ahriman qui marquent le passage d'une terre à l'autre et les boss, que l'on affronte six fois en tout.

Une terre fertile purifiée de plus : l'espoir renaît.

Les niveaux sont d'abord infestés par la Corruption, puis une fois la terre fertile purifiée, la nature reprend ses droits et le joueur part en quête des sphères de lumières nécessaires pour progresser dans l'aventure. Par conséquent, il faut refaire au moins deux fois chaque niveau : une première fois pour atteindre le boss et une seconde pour récolter les mille en une sphères plus ou moins bien cachées. Il y a en fait quatre types de niveaux et d'énigmes à résoudre, que l'on retrouve dans chaque univers : un niveau d'intérieur avec une tour dont il faut atteindre le sommet, un niveau plein d'acrobaties, un niveau avec une énigme à base de combinaisons de plate-formes que l'on peut actionner, et enfin un niveau qui repose essentiellement sur l'utilisation des plaques magiques. Ces plaques répondent à quatre pouvoirs qui s'acquièrent au cours du jeu grâce aux pouvoirs grandissants d'Elika : le saut d'une plaque à l'autre (rouge), le vol (jaune), le grappin (bleu) ou la capacité de ramper sur tous les murs (vert). Les phases de plate-forme sont généralement très linéaires. Il s'agit généralement de grimper ou de glisser sur les murs, de s'accrocher à des anneaux ou des plantes et de sauter pour atteindre les plaques et les utiliser. C'est un peu dommage de ne pas avoir plus de liberté pour progresser dans ce monde si beau.

Un combat contre l'Alchimiste, qui illustre le recours fréquent aux QTE dans les duels.

Les phases s'exploration et d'action ne sont jamais très difficiles. Ubisoft a décidé de rendre son jeu accessible au plus grand nombre. Ce choix s'accompagne d'une petite révolution : le Prince ne meurt jamais ! En effet, à chaque fois qu'un saut est mal qualibré ou trop étendu, à chaque coup reçu en provenance d'un adversaire, Elika vient sauver le Prince et le replace à la plate-forme précédente ou de l'autre côté de l'arène, afin que le Prince puisse recommencer. Le mécanisme est frustrant au départ, mais à mesure que les niveaux deviennent un peu plus coriaces, il fonctionne comme une sauvegarder automatique. En revanche, le système aurait pu disparaître dans les combats contre les boss (mais il est nécessaire pour battre la Concubine lors de notre dernière rencontre avec elle, je n'en dis pas plus !), puisque chaque sauvetage par Elika permet à l'adversaire de récupérer de la vie : le combat peut donc durer très longtemps, sans que le Prince ne soit tué malgré tous les coups qu'il reçoit. 

Malgré ses blagues potaches, le Prince a une sacrée classe avec son sabre et son gantelet.

Le jeu d'Ubisoft propose malgré tout une durée de vie plus qu'acceptable autour de la petite vingtaine d'heures. Prince of Persia est aussi un hommage à la culture des joueurs, qui sauront y retrouver de grandes références du genre : les précédents épisodes des aventures du Prince en général, les points de vue contemplatifs à la Assassin's Creed (Altaïr est d'ailleurs un personnage à débloquer !), même Super Mario Galaxy pour les derniers niveaux de la Vallée où il faut faire le tour des ballons comme Mario tournait autour des planètes. La ralation entre le Prince et Elika, décalée et ridicule au début puis de plus en plus forte, rappelle ICO. Les affrontements contre les boss reposent sur les principes d'un jeu de combats comme Soul Calibur (puisqu'il y a des sabres) avec des combos et des parades. Bref, ce jeu ne propose pas le gameplay le plus abouti de sa génération, mais il est probablement l'un des plus beaux jeu disponible actuellement.

Ce Prince of Persia nouvelle génération n'a pas convaincu tous les critiques. Il est vrai qu'il s'inscrit dans la vague de simplification des jeux vidéo, et que le joueur manque de liberté. A l'inverse, l'ambiance est envoûtante, et mérite à elle seule de s'essayer à cet univers fantastique. C'est pourquoi malgré ses quelques petits défauts, Prince of Persia m'a vraiment convaincu. Vivement la suite !
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Publié dans Jeux Vidéo

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