Klaatu n'empêchera pas la Terre de tourner
La Terre va mal. L'homme en est responsable et il le sait. Il pense encore être maître de son destin et refuse de changer ses habitudes. Une incompréhensible puissance extra-terrestre va lui forcer la main : il faudra s'adapter ou disparaître. Remake d'un film homonyme de Robert Wise datant de 1951, Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still), version Scott Derrickson, marque le retour de Keanu Reeves. Le film est-il à la hauteur des enjeux qu'il représente ?

Le scénario de Le Jour où la Terre s'arrêta ne semble pas très original. Il est pourtant différent du sujet du film initial, qui était centré sur la peur principale des années 1950 : les risques généré par la prolifération des bombes atomiques. Au début du XXIe siècle, c'est l'empreinte laissée par l'homme et ses industries polluantes sur l'équilibre de la nature qui inquiète les scientifiques. Heureusement pour nous, Klaatu (Keanu Reeves), un extra-terrestre représentant une forme de conscience plus évoluée que l'espèce humaine dont il a pris l'apparence physique, est porteur d'un message salvateur destiné à l'humanité en perdition. Klaatu est venu sauver la Terre et ses espèces animales qu'il recueille dans des sphères lumineuses. Dans cette nouvelle Arche de Noé, la survie de l'homme n'est qu'une option. Cela donne la phrase culte du film : "Si la Terre meurt, vous mourrez. Si vous mourrez, la Terre survit." Seule la scientifique Helen Benson (interprêtée par Jennifer Connely) parvient à nouer un contact avec l'alien, à comprendre ses motivations et à tenter de lui faire changer d'avis sur l'extermination de l'espèce humaine. L'homme va donc devoir prouver qu'il mérite d'être épargné par cette puissance purificatrice venue d'ailleurs. Je vous laisse deviner la fin de l'histoire, trop prévisible et par conséquent très décevante.
Keanu Reeves parvient à un degré d'inhumanité stupéfiant ! On pourrait bien sûr dire du bien des effets spéciaux, depuis le robot géant indestructible jusqu'aux destructions finales, mais quel film à gros budget ne propose pas une telle débauche d'effets visuels ? Par conséquent, l'un des principaux points à ressortir de cette nouvelle version du Jour où la Terre s'arrêta est le jeu d'acteur de Keanu Reeves. Ses détracteurs depuis la trilogie Matrix lui reproche d'être transparent et sans émotions dans ses interprétations. Ces caractéristiques s'appliquent parfaitement ici, dans le rôle du très cérébral Klaatu. L'extra-terrestre aux trois codes génétiques différents (un autre bon passage du film) est plus proche d'une machine de calcul infaillible que d'une créature vivante douée d'instincts et de sentiments.
Le design des sphères est indéniablement réussi.
Le Jour où la Terre s'arrêta est une petite déception. L'histoire est beaucoup trop simpliste et ne convainc à aucun moment, malgré un thème général plus que jamais d'actualité. Le spectateur n'entre jamais vraiment dans le film. La prestation de Keanu Reeves est peut-être en partie responsable de cette difficulté d'identification, puisque son personnage agit comme un robot. Redécouvrons plutôt le film original de Robert Wise !
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