Wall-E : le film de l'année 2008 ?

Publié le par Summer Ice

Depuis Toy Story en 1995, les studios Pixar enchantent les jeunes et les moins jeunes avec leurs films d’animation. Avec Wall-E, les équipes d’Andrew Stanton se sont lancées dans le récit d’anticipation et signe l’un de ses plus beaux succès. Et si le dernier espoir de l’humanité était un petit robot ?


Incapable d’adapter son mode de vie aux ressources limitées de la Terre, l’humanité a progressivement détruit son environnement naturel et s’est réfugiée dans de luxueux vaisseaux spatiaux en attendant que des robots nettoient la planète. La toute-puissante société Buy N Large, devenu le gouvernement mondial, régule chaque aspect de la vie consumériste des humains du début du XXIIe siècle. Sept cents ans plus tard, toute forme de vie animale ou végétale semble avoir déserté la Terre. Wall-E, le dernier petit robot de nettoyage encore actif continue invariablement sa tâche et assemble des montagnes de déchets. Lors de son tri, Wall-E découvre et conserve quelques objets humains plein d’intérêt. Un jour, il trouve une pousse verte conservée dans un réfrigérateur : la vie serait-elle toujours possible sur Terre ?
C’est ce que croit Eve, un robot de reconnaissance très évolué envoyé par l’Axiom, l’un des vaisseaux où l’humanité a trouvé refuge. Wall-E tombe immédiatement amoureux de cette compagne inattendue. Pourtant, une fois en possession de la plante, Eve se met en veille et une navette vient la récupérer pour un retour vers l’Axiom. Wall-E, touchant de courage, s’infiltre dans la navette et part à la recherche d’Eve. Sur l’Axiom, les hommes sont devenus faibles, obèses et totalement assistés par les machines. Ils passent leurs journées sur des chaises volantes à se parler par écrans interposés et à boire des sodas. Lorsque le capitaine McCrea se rend compte qu’il leur est enfin possible de rentrer sur Terre, Auto le robot-navigateur, conformément aux dernières directives reçues sept siècles aupravant, va tenter une mutinerie pour que le capitaine ne reçoive pas la plante et ne déclenche pas un retour vers la Terre. C’était sans compter sur Wall-E !

L'humanité de ces robots, volontairement de forme non-humanoïde, est confondante !

Les productions Pixar reposent toujours sur un scénario exceptionnel, alliant avec brio une intrigue à la portée des enfants et des questionnements à destination des adultes. Wall-E ne fait pas exception à cette règle et propose même un des meilleurs scénarios de science-fiction conçu pour un film d’animation. L’intrigue aborde des thématiques profondes au détour d’une critique de la société de consommation extrême et du dérèglement climatique. Au final, ce sont les robots qui nous donnent une leçon d’humanité ! Le film est résolument optimiste (Disney oblige ?), avec un retour final de l’Homme aux valeurs qu’il n’aurait jamais dû perdre. Cette vision, finalement assez rare dans les films post-apocalyptiques sur le climat, est éminnement  marquée à gauche politiquement.

Wall-E et Eve engagés dans une chorégraphie stellaire d'une grande poésie.

La poésie présente dans Wall-E ne pourrait pas nous toucher à ce point si la technique n’était pas au rendez-vous. Une fois encore, les développeurs ont réalisé des prouesses graphiques pour donner vie à Wall-E, Eve et aux autres robots de l’aventure. Les premières quarante-cinq minutes du film sont à ce titre particulièrement bluffantes : sans aucun dialogue construit, les robots nous transmettent leurs émotions et le film ne souffre d’aucun temps mort. Pour réaliser une telle prouesse, il fallait, en plus de l’animation irréprochable, que le contexte soit parfait. Les décors le sont, avec la Terre dévastée et menacée par les tempêtes de sable et de détritus, puis le vaisseau Axiom dont le design contient énormément d’inventivité.
L’ambiance générale du film est d'ailleurs excellente, avec un savant mélange entre la nostalgie de la Terre passée illustrée par les mélodies de célèbres comédies musicales et une dérive dystopique de la condition de l’homme manipulé par la société artificielle qu’il a lui-même créée. Le film contient de nombreux clins d’œil à des classiques du genre, comme 2001, l’Odyssée de l’Espace avec Auto qui ressemble à HAL, ou comme Star Wars avec la ressemblance comportementale et vocale entre Wall-E et R2-D2.
Un magnifique générique
achève le film en beauté : Pixar nous fait suivre le retour à la vie terrestre des habitants de l'Axiom en reprenant les grandes étapes de l'histoire de l'art pour illustrer leurs progrès.



Oscar et Golden Globe du meilleur film d’animation 2008, Wall-E est  un indéniable succès auprès des critiques et du public. Wall-E est définitivement un très grand film d’animation. Les équipes de Pixar ont réalisé des prouesses, avec un film drôle, riche et touchant. Un incontournable !
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