Les Watchmen sont bien gardés

Publié le par Summer Ice

Pour tous les fans, Watchmen est un mythe. L’adapter à l’écran n’était pas chose aisée. Certains craignaient d’être très déçus par la réalisation de Zack Snyder, auteur du controversé 300. Le film est-il à la hauteur du roman graphique d’origine ?


Ce n’est pas une surprise avec une base de cette qualité, le scénario est le même que celui du comic-book. Nous sommes en 1985, dans un monde divisé, en proie à la menace terrifiante d’un troisième conflit mondial, nucléaire cette fois-ci. La présence de justiciers masqués a légèrement changé le cours des événements que nous connaissons. Un scientifique devenu surhumain après avoir survécu à une expérience atomique qui a mal tourné, Doctor Manhattan, a fait gagner les Etats-Unis au Vietnam et ses pouvoirs de téléportation et de modification de la structure atomique des objets et des êtres dissuadent les Soviétiques d’attaquer les Américains. Dr. Manhattan appartenait à un groupe de « vigilants », qui sont aujourd’hui rangés dans la vie civile. L’un de ces Watchmen, le Comédien, est retrouvé mort. Un autre, Rorschach, est persuadé que quelqu’un veut éliminer tous les anciens justiciers. L’enquête commence : Who watch the Watchmen ?

« Toutes les putes et les politiciens lèveront les yeux et diront "sauvez-nous"
et dans un murmure, je dirais... non
»

La version sortie en salle est raccourcie à 2h45. Il a donc fallu retirer certains passages et quelques personnages secondaires, qui n’apparaîtront que dans la version longue. Pourtant, le film réussit l’exploit de se concentrer sur l’essentiel. Le générique de début notamment est un régal pour les amateurs de l’œuvre d’Alan Moore et Dave Gibbons. Il parvient à retracer l’histoire des personnages depuis le début des Minutemen et plante le décor pour comprendre l’œuvre. Le rythme est forcément un peu plus rapide que dans la bande dessinée, mais il peut néanmoins troubler le spectateur qui découvre l’univers pour la première fois. Il s’agit plus d’un film policier orienté action que d’une classique opposition entre les gentils et les vilains. Par conséquent, il n’y a pas de super héros engagés dans des scènes d’action interminables qui rivalisent d’effets spéciaux, pas non plus d’intrigue simpliste et de dialogues superflus. Le néophyte est perdu ; le fan est aux anges, car les cases de sa bande dessinée favorite s’animent à l’écran.

L'adaptation est bel et bien fidèle jusque dans les moindres détails...

Zack Snyder a choisi de livrer une adaptation totalement fidèle à l’original. On est agréablement surpris de retrouver les mêmes angles que dans la BD, qui a certainement constitué un story-board précis pour l’équipe du film. De nombreuses séquences sont purement identiques. Le travail scrupuleux de reconstitution est impressionnant. Cela va des décors aux objets, en passant bien sûr par les personnages. Les acteurs sont pour la plupart peu connus, et ils se révèlent très bons dans leur interprétation : Malin Akerman (Laurie Juspeczyk / le Spectre Soyeux), Billy Crudup (Jon Osterman / Dr. Manhattan), Matthew Goode (Adrian Veidt / Ozymandias), Jeffrey Dean Morgan (Edward Blake / le Comédien), Patrick Wilson (Dan Dreiberg / le Hibou) et une mention spéciale pour Jackie Earle Haley (Walter Kovacs / Rorschach). La bande originale reprend des classiques des années 1980, qui s’incorporent bien à l’action. Le film est donc un succès esthétique à tous les niveaux.

« A world at peace. There had to be sacrifice. »


Watchmen
est un mythe, et l’équipe du film l’a respecté au pied de la lettre. Quelques mois après Batman, Watchmen est une nouvelle preuve que les films de super héros peuvent être matures et complexes. Une grande réussite, en attendant avec impatience la version longue.
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