Première entreprise de contact réussie avec Star Trek ?

Publié le par Summer Ice

Ne faisant pas partie des hordes de trekkies impatients de la première heure, j’attendais du film de J.J. Abrams qu’il m’introduise dans l’univers de Star Trek. Le choix de repartir aux origines de la série, quarante ans après la première série télévisée, me convenait parfaitement. Le juge de paix serait mon envie d’approfondir le voyage à bord de l’USS Enterprise après la vue de ce reboot. Kirk et Spock m’ont-ils convaincu de les rejoindre ?


On ne présente plus Star Trek, la célèbre franchise imaginée par Gene Roddenberry dans les années 1960 et déclinée depuis en onze longs-métrages sortis au cinéma et six séries télévisées, en plus des différents romans et produits dérivés imaginés pour les fans. Pourtant, présenter la saga aux néophytes et réjouir les anciens est bien le but premier du nouveau film de J.J. Abrams. Les jeunes générations ne sont familières que du nom de cet univers culte considéré aujourd’hui comme un peu ringard. Le choix fait par les scénaristes était par conséquent de dépoussiérer Star Trek, en reprenant l’histoire au commencement.

Kirk et Spock : new generation !

L’intrigue repose sur les destins parallèles des deux héros du vaisseau USS Enterprise, fleuron de l’aérospatiale terrienne, la Starfleet. D’un côté, James T. Kirk (interprété par Chris Pine), un jeune humain rétif à l’autorité et un peu casse-cou, tout juste sorti de l’adolescence, mais dont les capacités intellectuelles et les aptitudes à la navigation sont exceptionnelles. Il a hérité ces qualités de son père, qui, deux décennies auparavant, a sacrifié sa vie pour sauver celle de son équipage (dont son fils en train de naître) sur le vaisseau USS Kelvin. De l’autre côté, Spock (Zachary Quinto, le Sylar de Heroes) est le fils d’un ambassadeur sur Terre de la planète Vulcain et d’une humaine. Disposant de la rationalité vulcaine, il lui arrive cependant de perdre son sang-froid et de laisser ses émotions prendre le dessus, preuve de son appartenance à la race humaine. Spock a d’ailleurs choisi de s’engager dans Starfleet plutôt que de rester sur Vulcain. Autour d’eux se trouve une équipe de très jeunes pilotes fraîchement diplômés représentant toute la diversité d’une planète Terre apaisée (un Russe, un Asiatique et la traductrice noire Ryota Uhura, entre autres). L’univers de Star Trek est régulièrement décrit comme utopique : l’humanité a survécu à une période post-apocalyptique, a éradiqué la pauvreté, la maladie et le racisme et a parcouru l’espace jusqu'à rencontrer d’autres civilisations intelligentes, comme les Vulcains avec qui elle entretient de bonnes relations.

L'affiche américaine, plus réussie selon moi.

Un adversaire se montre néanmoins menaçant : le capitaine romulien Nero (Eric Bana). C’est à partir de lui que se noue les ficelles de ce Star Trek XI. Afin de sauver les planètes habitées de l’explosion d’étoiles novas, Spock et d’autres savants ont mis au point une matière rouge qui simule un big crunch, c’est-à-dire une contraction de matière, à l’opposé d’une explosion type Big Bang. À la place de l’étoile se forme un trou noir, qui aspire la matière. Or la planète Romulus se retrouve rayée de la carte stellaire par l’implosion de la supernova. Nero assiste impuissant à la mort de sa planète depuis un vaisseau et décide de se venger de Spock qu’il tient responsable de l’anéantissement de la civilisation romulienne. Absorbés à leur tour par le trou noir, leurs vaisseaux respectifs sont propulsés dans le passé. Nero patiente vingt ans jusqu’à ce que le vaisseau de Spock, plus léger, se retrouve à sa portée et  le capture. Nero tient sa revanche en contraignant un Spock vieillissant à assister à son tour à la disparition de sa planète natale Vulcain par l’utilisation de la matière rouge. La prochaine étape de Nero est la Terre, et l'équipage de l'USS Enterprise est le dernier rempart capable de s'opposer à Nero. Néanmoins, la distorsion de l’espace et du temps a affecté le monde dans lequel ils se retrouvent. Ainsi, le même univers contient un Spock jeune à bord de l’USS Enterprise et un Spock vieux (joué par Leonard Nimoy, l’interprète original de Spock dans les années 1960 !) qui guidera Kirk dans son combat contre Nero.

"Longue vie à vous, chers lecteurs !"

L’histoire tient la route et se montre même stimulante lors de l'apparition du deuxième Spock. En revanche, les connaisseurs disent regretter que ce scénario remette en cause une bonne partie de la chronologie officielle de la saga ! L’ambiance des pionniers de l’aventure intergalactique est bien rendue. L’univers paraît par contre un peu moins riche et profond que celui de Star Wars. Les deux grands space-opera sont forcément à mettre en parallèle, et force est de constater que cette nouvelle adaptation de Star Trek reste inférieure aux films de George Lucas. Techniquement, le film bénéficie bien évidemment de beaux effets spéciaux (bien qu’il n’en abuse pas), d’un bon casting et d’une jolie bande son. Il lui manque simplement un peu plus d’ambition et de cohérence pour passer du rang de bon divertissement à celui de très bon film du genre.

Verdict-Type8v2.jpgL'entreprise menée par l’équipe de J.J. Abrams se révèle séduisante par bien des aspects, et notamment par un scénario qui s’enrichit au cours de l’intrigue. Le film profite modernise la franchise et donne vraiment envie d'en découvrir plus sur cette saga légendaire. D'autres rencontres avec Kirk et Spock viendront à n’en pas douter compléter l’expérience Star Trek !

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