Hellboy voit rouge !

Publié le par Summer Ice

En adaptant le personnage du comic book à succès de Mike Mignola en 2004, Guillermo del Toro a pris un risque. Hellboy n'est pas le héros le plus facile à rentabiliser dans le cadre d'un film grand public, sans pour autant décevoir les amateurs de cet enfant de l'Enfer à la peau rouge et au caractère bien trempé ! Del Toro a-t-il réussi à imprimer son style à l'univers unique de la version originale ?


Le film débute comme la bande-dessinée. En 1944, le vent a tourné et la victoire des Alliés en Europe se dessine. Les Nazis cherchent une arme miraculeuse pour inverser la tendance militaire. Le mystérieux Raspoutine, qui a survécu à son assassinat de 1916 en Russie, répond à leur demande. Alors qu'il invoque la venue sur terre d'une créature démoniaque, les Américains attaquent le site. Le Professeur Broom, conseiller scientifique de la mission, découvre la petite créature rouge, et l'adopte sous le nom de "Hellboy". Un demi-siècle plus tard, Hellboy est un membre tumultueux et imprévisible d'une agence gouvernementale secrète chargée de la lutte contre les menaces paranormales : la B.P.R.D. La menace Raspoutine ressurgit. Hellboy, secondé par Abe, Liz, l'agent du FBI John Myers et les conseils de son père adoptif mourant, va devoir faire parler ses gros calibres et son poing droit pour venir à bout des créatures maléfiques placées sur son chemin par Raspoutine !

On ne peut rien cacher à Abraham Sapiens.

Le premier défi du réalisateur était de retranscrire l'univers si particulier de Mike Mignola, qui est globalement très sombre, mais avec quelques couleurs vives qui contrastent. Mignola lui-même était dans l'équipe, donc il n'y a rien à redire sur l'environnement et les décors, notamment lors des scènes finales dans la nécropole de Raspoutine. La précision du travail de Guillermo del Toro, dont l'univers personnel n'est pas si éloigné de l'oeuvre de Mignola, est à remarquer. Le casting des personnages principaux est très bon également : Ron Perlman a parfaitement adapté son jeu au personnage d'Hellboy, brute épaisse au coeur sensible. Le personnage d'Abe Sapiens (Doug Jones) est visuellement très intéressant. Selma Blair est une très séduisante Liz Sherman, à laquelle ne résistera ni Hellboy ni l'agent Myers (Rupert Evans). Quant à John Hurt, sa ressemblance avec le professor Trevor "Broom" Bruttenholm de la BD est frappante. Du côté des méchants, Raspoutine et Kroenen sont crédibles. En revanche, les monstres sont parfois un peu trop dégoulinants et repoussants.

Attention à ce petit diablotin bien armé et très susceptible !

L'atmosphère générale du film est donc plutôt bonne. Cela donne un film qui a une certaine originalité. On peut rapprocher son ambiance sombre de quelques autres films du genre, mais Hellboy est un personnage si atypique que les comparaisons sont limitées. On peut regretter la relative mollesse du scénario et des dialogues qui ne sont pas toujours à la hauteur. A ce titre, le film ne suit pas la trame des comic books, puisque les scénario du film a imposé l'apparition d'un nouveau personnage (l'agent Myers) qui permet d'introduire le spectateur à l'univers de la B.P.R.D par l'intermédiaire d'un nouvel agent. Myers est également le prétexte à un triangle amoureux autour de Liz, qui renforce la mélancolie d'Hellboy et sa volonté d'être "normal", un thème désormais classique dans les aventures des super-héros. C'est sur ce point principal de l'histoire que le film pêche, avec des scènes un peu longues et un humour pas toujours très bien dosé.

Hellboy transposé au cinéma, les fans en rêvaient, Guillermo del Toro l'a fait. Avec les conseils de Mike Mignola, le créateur du personnage, le réalisateur mexicain a réussi le pari visuel en imposant sa pâte personnelle à la fine équipe de la B.P.R.D. Il est vraiment dommage que le scénario s'égare par moments. Ce Hellboy est simplement un bon divertissement, à défaut d'être un film majeur du genre.
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